Avis de recrutement

L’ÉVALUATION FINALE DU PROJET APFA II

TERMES DE REFERENCE
Date de publication des TDRs : 21 novembre 2019
Délai de candidature : 13 décembre 2019

I. CONTEXTE DU PROJET

Face au changement climatique qui est une problématique mondiale, il devient impératif de trouver des moyens de préserver
l’environnement. Il est notamment démontré que l’activité humaine a des conséquences néfastes sur l’environnement. C’est le cas
par exemple des populations qui vivent à la périphérie de la réserve forestière d’Abdoulaye, de la préfecture de Tchamba, dans la
Région Centrale du Togo.
Dans le but d’agrandir leurs surfaces cultivables, ces populations paysannes pauvres utilisent la superficie de la réserve et y font des
prélèvements de toutes sortes (animaux, bois, etc.) afin de se procurer de l’argent ou de la nourriture. Par conséquent, un conflit est
né entre ces populations et les conservateurs de la réserve installés par l’Etat pour la protéger. Les paysans sont souvent mis en
prison ou amendés dès qu’ils sont arrêtés dans la forêt ou en possession de produits issus de celle-ci.
Dans un pays à démographie galopante comme le Togo, il est indispensable de protéger les zones naturelles pour les générations
futures. Le rôle écologique de la flore sur l’ensemble de l’environnement d’un pays n’est plus à démontrer et les parcs naturels
peuvent générer des revenus importants (ventes autorisées d’animaux et produits dérivés, tourisme, etc.) pour les populations vivant
en périphérie des aires protégées. C’est ainsi que, pour contribuer à réduire la surexploitation de la forêt par les populations
riveraines, VSF-Suisse a lancé une initiative de réconciliation de la lutte contre la pauvreté et de la protection de l’environnement
(APFA). Ce projet, d’une durée de trois ans, a démarré le 1er mai 2014 et a pris fin le 31 juillet 2017.
Dans le cadre de ce projet, des activités génératrices de revenus (AGR) dans le domaine agro-pastoral (élevage de petits ruminants, de
volailles et de porcs, apiculture, maraîchage, sylviculture, ramassage et transformation des noix de karité) ont été développées comme
alternative à l’exploitation de la forêt. Ces activités ont été portées par des organisations paysannes (OP) créées à cet effet. Des
auxiliaires villageois d’élevage (AVE) ont également été formés et équipés par le projet et, en coordination les services vétérinaires
publics, ils assurent la santé animale dans les villages autour de la forêt d’Abdoulaye. Au niveau de la protection de l’environnement,
les populations ont été régulièrement sensibilisées à la protection de la forêt et à l’importance de l’arbre et la biodiversité en
générale. Les populations ayant exploité la forêt auparavant ont été orientées vers les différentes activités génératrices de revenus.
Du reboisement a eu lieu et des comités de gestion des feux de forêt ont été mis en place.
L’évaluation externe du projet a démontré que de bonnes dynamiques ont été mises en place mais que les acquis sont menacés dans
leur durabilité car les organisations et mécanismes mis en place sont récents et ont encore besoin d’être renforcés et consolidés. En
outre, nous avons constaté que la problématique de la transhumance n’a pas été traitée, alors que celle-ci met en danger la réussite
des AGRs ainsi que la protection de la forêt. En conséquence, VSF-Suisse a décidé de lancer une deuxième phase du projet, du
01.03.2018 au 29.02.2020 afin de relever ces défis.

I.1. Objectifs du projet

Cette seconde phase vise à améliorer les conditions de vie des populations riveraines de la forêt d’Abdoulaye tout en préservant
celle-ci et sa biodiversité. De façon spécifique le projet vise :

-Le renforcement des organisations paysannes (OP) et promotion de leur insertion au sein d’instances professionnelles paysannes ;
-L’amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus des populations riveraines de la forêt d’Abdoulaye ;
-L’utilisation efficace et durable des ressources naturelles de la forêt, en particulier des zones tampons, et sauvegarde de la
biodiversité.

I.2. Parties prenantes du projet

Contrairement à la première phase qui était mise en oeuvre directement par une équipe de VSF-Suisse, cette seconde phase est mise
en oeuvre à travers un consortium d’acteurs locaux composé de trois ONG locales et un prestataire de service techniques étatique,
dans une logique de faire – faire, en vue de renforcer davantage leurs capacités et d’assurer la pérennité des actions du projet.
-VSF-Suisse, porteur du projet et chargé de la Coordination et suivi des partenaires de mise en oeuvre ;
-Action jeune Togo (AJT) : chef de projet et chargé de la mise en oeuvre d’une partie de l’outcome 3 (points d’eau) ;
-Gestion de l’Environnement et Valorisation des Produits Agropastoraux et Forestiers (GEVAPAF) : est chargé d’une partie des
outcome 2 (filières Karité et élevage) et 3 (mise en place et animation des comités mixte de gestion des ressources naturelles) ;
-Action Environnement pour le Développement Durable (AE2D) est chargé d’une partie des outcome 2 (appui à la filière apiculture et
maraichage) et outcome 3 (sensibilisations à la protection de l’environnement, développement des pépinières, reboisement) ;
-Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) est chargé de la mise en oeuvre de l’outcome 1 (renforcement du fonctionnement des
organisations paysannes) et une partie de l’outcome 2 (formation alimentation du bétail).

D’autres acteurs intervenants non inclus dans le consortium :

-Les AVE : assure la santé animale et collecte les données sur le cheptel;
-Le vétérinaire privé : formation et recyclage des AVE;
-Le service vétérinaire publique de Tchamba : vaccination et déparasitage du cheptel.

I.3. Zone d’intervention du projet

Le projet APFA II est mis en oeuvre dans la préfecture de Tchamba, région centrale du Togo et cible 6 villages donc 3 anciens
(Agbawiliga, Hézoudé et Ogou Alindé) et 3 nouveaux (Bem, L’ring-Djomé et Abakadji) ; la carte détaillée est en annexe des TdR.

I.4. Bénéficiaires du projet

- 950 agro-éleveurs sédentaires
- 900 transhumants peuhls du Nord et/ou des pays voisins
- 100 femmes engagées dans la collecte, transformation et commercialisation de la noix de karité
- 9 AVE
- 9500 personnes dont 3500 élèves des six villages ciblés.

I.5. Résumé des activités du projet

Les actions portent sur le renforcement du fonctionnement des organisations paysannes (OP) et leur migration en
sociétéscoopératives à actions simplifiées (SCOOPS), l’accompagnement de ces organisations dans la recherche des marchés pour les
produits d’AGR développés notamment le karité, le miel, les petits ruminants et la volaille, l’amélioration de l’accès à l’eau pour les
AGR et l’abreuvement d’animaux, les sensibilisations dans les écoles et dans les communautés sur la protection de l’environnement,
le reboisement et l’intensification de la production et la
commercialisation de plants d’arbres et la création et l’animation des comités
mixtes de gestion des ressources naturelles.

II. OBJECTIFS DE L’EVALUATION

Il s’agit d’une évaluation dite « interne assistée » : le bilan interne dirigé par l’équipe-projet sera complété par un regard externe de
personnes-ressources reconnues par l’équipe-projet.
D’une manière globale l’évaluation finale aura pour objectifs d’apprécier l’évolution des conditions de vie des bénéficiaires et

l’évolution des pratiques environnementales autour de la forêt d’Abdoulaye. Plus spécifiquement, l’évaluation analysera les critères
suivants :
-La pertinence et la qualité de la conception du projet au regard des problèmes ou besoins réels identifiés dans la zone du projet ;
-L’efficacité du projet : en appréciant le niveau d’atteinte des objectifs spécifiques et des résultats visés ;
-L’efficience des moyens mis en oeuvre pour la réalisation des activités et l’atteinte des résultats prévus ;
-L’impact actuel du projet en appréciant les effets positifs et négatifs à court terme et une perspective à long terme au niveau des
villages d’intervention et des catégories de bénéficiaires en particulier ;
-La durabilité : dans quelle mesure les organisations paysannes appuyées ou les pratiques promues resteront viables après le retrait
de VSF-Suisse et ses partenaires ?
- Le montage institutionnel : Le montage institutionnel profite-t-il à la valorisation des expériences, à leur échange et à l’utilisation
des ressources de chacun des partenaires ?
L’évaluation finale a également pour objectif de tirer des enseignements et formuler des recommandations à VSF-Suisse, ses
partenaires locaux et toutes les autres parties prenantes susceptibles d’améliorer l’identification, la conception et la mise en oeuvre
de projets similaires dans le complexe aire protégée – forêts communautaires.

III. METHODOLOGIE DE l’EVALUATION

Cette évaluation impliquera l’équipe du projet et l’équipe d’évaluateurs. La collecte de données se fera auprès des différentes
catégories de bénéficiaires et de toutes les autres parties prenantes du projet selon une approche participative.
L’étape de formulation des questions évaluatives fera l’objet d’un travail préparatoire entre l’équipe de projet et l’équipe d’évaluateurs.
L’évaluation utilisera différentes méthodes pour s’assurer que la collecte et l’analyse de données fournissent des informations
qualitatives et quantitatives fondées sur des preuves, basées sur diverses sources : études documentaires et analyse documentaire,
entretiens individuelles, réunions/ discussions de groupe, enquêtes et observations directes.

IV. TACHES ET ACTIVITES SPECIFIQUES – NOMBRE DE JOURS DE TRAVAIL

Les activités sont réparties dans le tableau suivant et réparties par acteur, avec les délais et durées.

Activités
Analyse documentaire des documents liés au projet : - document du projet - rapport mi-parcours - rapport d’études de marché
et rapport diagnostic des OP
Nombre de jours: 3jours
Rôle de l’équipe-projet : Mise à disposition de la documentation
Implication de la ressource externe : Lecture des documents

Activités
Planification détaillée avec l’équipe VSF-Suisse
Nombre de jours : 1 jour
Rôle de l’équipe-projet :  Organisation de la réunion de planification au bureau VSF-Suisse Lomé
Implication de la ressource externe :   Participation à la réunion de planification à Lomé

Activités
Elaboration d’une matrice d’évaluation et préparation du travail de terrain (agenda et outils)
Nombre de jours :2 jours
Implication de la ressource externe : Se charge d’élaborer les outils
Validation des questionnaires d’évaluation : 1 jour

Activités
Visite de terrain à Tchamba : observation des résultats obtenus dans les 6 villages et entretien avec : - les bénéficiaires du projet -
l’équipe du projet et l’ICAT - les autorités administratives et cantonales - le personnes clés des directions techniques de l’
environnement, de l’eau, de l’élevage - les acteurs privés (vétérinaires, menuisiers, fournisseurs d’intrants, microfinances)
Nombre de jours :7 jours
Rôle de l’équipe-projet : Prise de rendez-vous sur le terrain, Participation aux focus-group, prise de notes
Implication de la ressource externe : Organise les entretiens et focus-group et est le modérateur

Activités
Analyse des données et rédaction du rapport
Nombre de jours : 5 jours
Implication de la ressource externe : Analyse les données Echanges avec l’équipe du projet et VSF-Suisse
Nombre de jours :4 jours
Rôle de l’équipe-projet : Fait des commentaires dans le rapport provisoire
Implication de la ressource externe : Transmets le rapport provisoire

Activités

Restitution du rapport à Sokodé
Nombre de jours : 1 jour
Rôle de l’équipe-projet : Assure l’organisation de l’atelier de restitution et participe
Implication de la ressource externe :Prépare une présentation et expose le rapport

V. DOCUMENTS ET PRODUITS FINAUX A SOUMETTRE


- Un projet de rapport qui sera envoyé à VSF-Suisse cinq (5) jours ouvrables après la fin de la collecte d’informations dans la zone du
projet. VSF-Suisse disposera de quatre (4) jours pour faire des commentaires et les transmettre à l’équipe d’évaluateurs.
- Un rapport final rédigé en français de manière claire et simple. Il doit être présenté de la manière suivante :
-Une page de couverture avec le titre du projet, les logos de VSF-Suisse et des autres membres du consortium, l’adresse et le nom des
membres de l’équipe d’évaluateurs et les dates de l’évaluation ;
-Une table des matières, une liste des acronymes, un résumé exécutif (3 pages maximum), un rapport complet qui présentent les
résultats de l’évaluation, les leçons apprises et les recommandations. Il est demandé à l’équipe d’évaluateurs de produire un avis et
des recommandations qui seront intégrés au rapport final (3 – 5 pages)
-Des annexes avec les termes de référence, plan de travail, itinéraire, liste des personnes interrogées et les références.
- Les données et les informations collectées pendant l’évaluation doivent également être transmises à VSF-Suisse.

L’équipe d’évaluateurs devra transmettre ses notes (lisibles).

VI. PROFIL SOUHAITE DE L’EQUIPE DE CONSULTANTS

L’équipe d’évaluateurs devra être constitué d’un chef de mission économiste forestier et d’un consultant spécialiste des organisations
paysannes.
Les consultants doivent avoir des qualifications solides dans la réalisation d’évaluations. Ils doivent également avoir une
connaissance du contexte de la gestion des aires protégées au Togo ou dans la sous-région et du contexte socio-économique de la
zone du projet. Les consultants doivent être indépendants des acteurs du projet évalué.


Profil du chef de mission :


-Au moins dix (10) ans d’expérience professionnelle en Afrique de l’Ouest et de préférence dans le contexte togolais ;
-Diplôme d’économiste – forestier, Bac + 5 ou Doctorant
;
-Une connaissance active et approfondie de la thématique de la gestion des aires protégées
;
-Une expérience démontrée dans la réalisation d’évaluations finales de projet et en particulier ceux en lien avec la gestion

des ressources naturelles et protection de l’environnement ;
-Des compétences de synthèse et d’écriture ;
-Des compétences en matière de développement organisationnel/institutionnel
;
-Des compétences techniques pour la lecture de données statistiques pour l’analyse.


Profil du consultant spécialiste des organisations paysannes


-Au moins sept (07) ans d’expérience professionnelle ;
-Diplôme en sciences humaines ou agroéconomie : sociologie ou agronomie, niveau Bac + 5 ou équivalent ;
-Ayant des connaissances dans les méthodologies de diagnostic des organisations paysannes ;
-Ayant des compétences dans les analyses socioéconomiques, le développement organisationnel et le renforcement de capacités ;
-Expériences dans la réalisation des études similaires ;
-Une expérience dans la zone du projet (Tchamba) et la connaissance des langues parlées dans cette zone (kabyè, naoudem,
kotokoli…) seront des atouts considérables.

VII. COORDINATION


L’évaluation est coordonnée par VSF-Suisse. L’équipe de coordination à Lomé pilotera la conduite technique et logistique de l’
évaluation. Le(a) consultant(e) travaillera en étroite coordination avec le Directeur – pays VSF-Suisse. Le siège VSF-Suisse viendra en
appui et validera le rapport d’évaluation ; et le siège prévoit une mission qui tombera dans la période de production du rapport final
(restitution à prévoir autour de la mi-février 2020).


VIII. CONDITIONS DE SOUMISSION D’OFFRES

Les consultants qui souhaiteraient entreprendre cette évaluation sont priés d’envoyer :


-Une proposition technique (2 pages maximum) qui décrit la proposition de méthodologie : questionnaire pour les entretiens ;
proposition pour les focus groupes (ou autre démarche pour les entretiens en groupe) ; etc. ▪ Une proposition financière pour les 24
jours de travail : un forfait qui comprend la préparation avant la mission ainsi que l’évaluation en tant que telle avec les activités
définies au préalable. Le forfait inclut les frais de transport au Togo, le logement et les frais de téléphone. Aucun perdiem n’est
accordé à l’évaluateur.
;
-Deux exemples d’évaluations de projets qui ont été effectuées par l’évaluateur
;
-Les CV des membres de l’équipe d’évaluateurs
:
L’équipe-projet s’adresse à 3 – 4 candidats ; le délai de soumission est le 13 décembre 2019. Les dossiers sont à soumettre par voie
électronique à geraud.hellow@vsf-suisse.org (Géraud HELLOW, directeur VSF-Suisse au Togo), avec copie à christian.wirz@vsf-suisse.
org (Christian WIRZ, Chargé de programmes Afrique de l’Ouest au siège de VSF-Suisse).

ANNEXE 1. FICHE SYNTHETIQUE DU PROJET


Nom du projet : Initiative de réconciliation de la lutte contre la pauvreté et de la protection de l’environnement (APFA) Phase II
Pays destinataire : TOGO, Région Centrale, Préfecture de Tchamba
Durée du projet : 01.03.2018 – 29.02.2020, 24 mois
Objectif général du projet : Améliorer les conditions de vie des populations riveraines de la forêt d’Abdoulaye tout en préservant

celle-ci et sa biodiversité

Objectifs spécifiques :


1. Renforcement des organisations paysannes et promotion de leur insertion au sein d’instance professionnelles paysannes.
2. Amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus des populations riveraines de la forêt d’Abdoulaye.
3. Utilisation efficace et durable des ressources naturelles de la forêt, en particulier des zones tampons, et sauvegarde de la
biodiversité.


Organisation : Vétérinaires Sans Frontières Suisse (VSF-Suisse)
Mühlenplatz 15, Case postale 109, 3000 Berne 13
+41 31 332 77 67, info@vsf-suisse.org, www.vsf-suisse.org
Responsables du projet : Monsieur Christian WIRZ
Responsable Programmes Afrique de l’Ouest, VSF-Suisse,
+41 31 332 77 67, christian.wirz@vsf-suisse.org
Monsieur Géraud HELLOW
Directeur Togo
+228 92 99 97 17, geraud.hellow@vsf-suisse.org
Budget total du projet : 310’010 CHF
Période d’évaluation : entre le 6 janvier et le 21 février 2020.

ANNEXE 2. CARTE DE LA ZONE DU PROJET